Parc Naturel Régional Oise Pays de France
 

Les sites des Trois Forêts et du bois du Roi

Actualités

Compte-rendu de la réunion du Comité de pilotage des sites Natura 2000 "Forêts picardes: massifs des Trois forêts et bois du roi" "Massifs forestiers d'Halatte, de Chantilly et d'Ermenonville" du 28-01-2016:

Le prochain Comité de pilotage se tiendra le 27  novembre 2017

Extension de la ZSC « Massifs forestiers d’Halatte, de Chantilly et d’Ermenonville »

L’élaboration du Docob commun au deux sites Natura 2000 a commencé en janvier 2008 et s’est terminée lors de sa validation le 15 décembre 2011. En parallèle le COPIL du 07 octobre 2009 a décidé de lancer une étude sur la modification du périmètre de la ZSC ayant pour objectifs :
- d’améliorer la cohérence écologique du site Natura 2000
- d’ajuster le périmètre avec les limites cadastrales

Il est proposé d'étendre la ZSC d'environ 850 ha. 

carte modification du périmètre
































Un site internet dédié à l’évaluation des incidences Natura 2000

Une méthodologie des évaluations des incidences Natura 2000 pour la région Picardie a été créée en 2011 (http://www.natura2000-picardie.fr/documents_incidences.html). Cette méthodologie s’est traduite au travers des documents de cadrage et des éléments méthodologiques du document de guidance.

Afin de faciliter la démarche d’évaluation des incidences Natura 2000, la DREAL des Hauts de France a réalisé un outil en ligne d’évaluation simplifiée des incidences Natura 2000 en ex-Picardie (http://ein2000-picardie.fr/) qui reprend donc la même méthodologie.

L’outil évalue :
- la nécessité d’une évaluation des incidences Natura 2000 en fonction de la nature du projet et de sa localisation ;
- la localisation du projet et sa distance par rapport aux sites Natura 2000 ;
- les espèces et habitats présents sur ce/ces sites Natura 2000 ;
- la liste des espèces et habitats qui sont potentiellement impactés par le projet 

Les comptages « Engoulevent »

Comptage engoulevent 2017

Le tableau synthétique présente les résultats détaillés pour 2017 et rappelle les résultats pour les 3 années de suivi antérieures.

Sur les 37 points d’écoute habituellement suivis, 31 d’entre eux ont fait l’objet d’un comptage en 2017. Les points qui n’ont pas pu être suivis concernent principalement le Bois du Roi. Ce site qui accueillait en 2013 1 chanteur n’a pas donné de résultats depuis malgré des habitats encore favorables (landes).

14 engoulevents chanteurs ont été entendus sur les 18 points d’écoute suivis le 2 juin.
5 à 6 chanteurs supplémentaires (différents de la première session) ont été inventoriés sur les 15 points suivis le 16 juin.

Compte tenu du nombre de participants, les points inventoriés lors de la deuxième session sont différents de la première (à l’exception de 4 points).

Les prospections au parc Astérix ont été menées indépendamment les 5, 7, 18 et 25 juin par une même équipe. Seule la partie sèche accueille un engoulevent chanteur.

Nous comptabilisons donc de 20 à 21 chanteurs différents cette année.

L’incertitude quant au chiffre exact est liée à l’impossibilité de trancher entre 1 ou 2 chanteurs entendus dans une même direction par l’équipe qui a suivi le point d’écoute sur la Route du Carreau.

L’Engoulevent d’Europe a été entendu au point d’écoute « Route du Chêne Pouilleux », un secteur considéré comme favorable mais il s’agit du premier contact depuis le début du suivi. Des surprises sont donc encore possible !

Nous retrouvons en 2017 des chiffres relativement semblables à ceux des premières années de comptage. Rappelons en effet que les conditions météorologiques de l’année 2016 étaient particulièrement défavorables aux suivis, mais également à la reproduction de l’Engoulevent d’Europe.

Nous faisons globalement les mêmes constatations que l’an dernier concernant les points historiques de présence de l’espèce où elle n’a toujours pas été recontactée (Mer de Sable, Butte aux Gendarmes, etc.).

carte comptage engoulevent 2017

Comptage engoulevent 2016

Depuis 2016, les comptages « Engoulevent », espèce de l’annexe I de la directive « Oiseaux » de la ZPS, sont organisés en collaboration avec le bureau d’étude Écosphère.

En 2016, une seule session de comptage a pu être réalisée le 3 juin 2016 avec un nombre de participants conséquent, la session programmée le 17 juin ayant été annulée en raison des mauvaises conditions météorologiques. En complément, deux autres sorties (en comité réduit) ont été organisées les 22 juin et 11 juillet 2016.

Précisons que l’année 2016 a été très particulière, avec une météorologie relativement exécrable et peu favorable à la reproduction de l’Engoulevent d’Europe (pluie très abondante et temps très instable au cours du printemps). Dans ce contexte, des compléments ont donc été effectués ponctuellement courant juin et juillet 2016.

• Point sur les conditions météorologiques de l’année 2016
En Europe de l'Ouest, le printemps 2016 a été particulièrement pluvieux, provoquant des crues importantes. En France, la pluviométrie a par exemple été excédentaire de plus de 25 %.
Au niveau régional, le mois de mai a enregistré 210 mm de précipitations sur la commune de Gouvieux(60), ce qui représente plus de trois fois la normale (66 mm), et bat de plus de 80 mm le record de 1992. En juin, sans atteindre les records de mai, les précipitations sont encore nombreuses et surtout fréquentes. Elles sont aussi très variables, spatialement et temporairement, car souvent orageuses.

• Synthèse des observations de l’Engoulevent pour l’année 2016
Pour 2016, le tableau suivant synthétise les résultats des 2 soirées de comptages en juin (3 et 22), complétées par les quelques passages complémentaires sur certains secteurs (dont la soirée du 11 juillet).

Sur les 38 points d’écoute préalablement identifiés, 33 d’entre eux ont fait l’objet d’un comptage lors de la première soirée du 3 juin (7-8 chanteurs) contre seulement 6 points le 22 juin (4-5 chanteurs). Des prospections complémentaires en dehors de ces deux dates ont été réalisées sur au moins 18 points (9-10 chanteurs dont 3-4 le 11 juillet).

En étudiant la répartition des individus lors de ces différentes nuits, on estime que 12 à 15(*) chanteurs différents ont été contactés cette année. Si un Engoulevent a été contacté respectivement le 3 et 22 juin, sur un même secteur, un seul individu a été retenu. On suppose qu’il s’agit du même individu étant donné la proximité des dates d’écoute.

Au regard du nombre limité de bénévoles ayant pu se rendre disponible «en dernière minute» le 22 juin et compte tenu des conditions climatiques peu favorables lors de cette soirée, seuls six points d’écoute ont pu être inventoriés, ne permettant pas de confirmer ou non la présence de certains mâles chanteurs sur de nombreux points d’écoute.
Au moins 5 points n’ont pas été réalisés en 2016 :

- 3 en Forêt d’Ermenonville (Carrefour du Carbonat, Bois des Fontaines et Route du Carreau)
- 2 au Bois du Roi (Buisson de la Chaussée et Carrefour Joseph).

(*) 5-6 mâles chanteurs n’ont fait l’objet que d’une seule observation, contre 7-9 chanteurs contactés au moins à deux reprises avec un intervalle de 15 jours minimum. 

Ce chiffre de 12-15 chanteurs contactés en 2016 est une fourchette haute, car comme nous l’avons vu précédemment, au moins 5-6 individus chanteurs n’ont été contactés qu’à une seule reprise, et seuls 6-7 chanteurs ont été contactés à au moins 2 reprises.
Cette chute des effectifs, qui résulte des mauvaises conditions météorologiques de la fin de printemps, est similaire à celle déjà observée en 2013 avec un total de 16 chanteurs cette année-là. Pour rappel, la dernière année de comptage avait enregistré jusqu’à 19 chanteurs en 2014 contre 20 en 2012. Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que les résultats obtenus en 2016 ne sont pas réellement représentatifs de la situation actuelle de l’Engoulevent d’Europe au sein de la forêt d’Ermenonville.

Citons l’absence de l’espèce dans le massif du Bois du Roi lors des deux soirées de comptage. Elle avait pourtant été contactée lors des comptages organisés par le PNR il y a quelques années.

Sur le massif d’Ermenonville, l’Engoulevent n’a pas été recontacté sur une quinzaine de points historiques, à savoir : la Butte aux Gens d’Armes, le carrefour de Blamont, deux points au niveau du Bois de Perthe et un au niveau du Bois de Montlognon, six points dans le secteur de la Mer de Sable, Golf de Mortefontaine, et deux au sud de la Maison Blanche.

En forêt domaniale les individus se regroupent autour du secteur nord de Baraque Chaalis, du Poteau Sainte-Marguerite et du Bois de Morlière. Les ensembles de lande à l’extérieur du massif d’Ermenonville (Roche Pauvre, Pierre Monconseil, Parc Astérix) sont utilisés de manière similaire aux années précédentes.
Quelques nouveaux secteurs semblent avoir été utilisés cette année : un à l’ouest de la Maison forestière de Borest (coupe à blanc), un au Carrefour du Bosquet du Prince et un au Carrefour du Bélet.

En 2016, sur les 12-15 Engoulevents d’Europe, seuls 3 se trouvent en « contexte landicole » ou à proximité immédiate, contre 9-12 en « contexte forestier » (vieilles pinèdes, coupes, clairières...).

Conséquences et hypothèses d’un tel excédent de précipitations sur le nombre de mâles chanteurs d’Engoulevent d’Europe (2016)
Comme en 2013, les précipitations printanières importantes enregistrées entre mars et juin 2016 ont fortement influé sur le nombre de mâles chanteurs d’Engoulevent d’Europe.
Elles peuvent avoir différentes conséquences négatives sur une espèce d’oiseau insectivore comme l’Engoulevent, comme la diminution du nombre de jeunes élevés avec succès ou un affaiblissement des adultes.

Différentes études réalisées en Europe ont constaté que les précipitations abondantes entraînent généralement une augmentation du risque de destruction des nids et des nichées, notamment pour des oiseaux possédant des nids exposés (ce qui est le cas pour l’Engoulevent qui niche à même le sol).
De même, des pluies importantes durant la période d'élevage des oisillons ont de nombreuses conséquences : en particulier, les adultes réduisent la fréquence de nourrissage (- 22 %) de leur progéniture. Les jeunes reçoivent donc moins de nourriture lors des épisodes pluvieux, ce qui peut réduire le taux d’envol et diminuer les chances de survie future des juvéniles.

Le risque de mortalité chez les adultes est lui aussi plus important : la période de nourrissage des oisillons nécessite beaucoup d'énergie et des conditions météorologiques défavorables à ce moment peuvent les affaiblir. Comme les proies sont plus difficiles à trouver quand il pleut, ils doivent passer plus de temps loin du nid pour éviter que leurs poussins ne meurent de faim tout en consacrant moins de temps à satisfaire leurs propres besoins.